Historique

1943 - La guerre. La Belgique est vidée par ses occupants envahisseurs, de ce qui fait sa richesse habituelle. La population manque de tout. Mais, surtout, la nourriture se fait pauvre. Rationnement du beurre, du lait, du fromage, de la viande. Les enfants en pâtissent. Ce n’est pas encore la famine mais, pour beaucoup, c’est la sous-alimentation. Parmi ces enfants, il y a de plus en plus de cutis positives.

« Trésors en danger ? » Oui. Ceux qui vivent en contact avec les enfants et les adolescents s’en rendent compte. Des initiatives vont naître. Des adultes conscients de la menace vont tenter de s’organiser, chacun dans son milieu, pour porter remède.

Le Père Cappart et ses amis de la J.O.C. sont de ceux-là. Projet : créer un internat où seront accueillis des enfants débiles (faibles, peu résistants), dont la malnutrition met la vie en danger. Malgré les grandes difficultés de l’heure, les choses se mettent en place et cela fonctionne.

Bientôt une autre catégorie d’enfants en danger est signalée : les enfants Juifs, qu’il faut à tout prix soustraire à l’occupant. L’Institut de Schaltin va en prendre sa part, alerté qu’il est par Madame Jospa dont c’est la préoccupation dominante et certainement angoissée.

Enfants Chrétiens et enfants Juifs sont accueillis ensemble, bénéficiant de cette volonté pragmatique, de cette pulsion spontanée qui disait : « il faut faire quelque chose ! ».

Vint la fin de la guerre. Plusieurs adolescents, dont un certain nombre étaient Juifs, ne purent rentrer chez eux, leurs familles ayant été dispersées par la tourmente. La débilité physique s’estompant avec la fin des privations de guerre, un nouveau type de solidarité va voir le jour.

L’A.S.B.L. décide de se préoccuper des jeunes en difficulté sur le plan social. En janvier 1945, elle ouvre à Bruxelles, rue Philippe le Bon, un foyer de jeunes travailleurs hébergeant 29 garçons.

L’encadrement est composé de deux éducateurs et de trois personnes préposées aux services.

Ce foyer est placé sous la direction de Ernest Mackels, secondé par sa future épouse.

Entre-temps, l’A.S.B.L. met à la disposition d’hommes rapatriés d’Allemagne l’Hôtel de la Paix à Banneux et organise au château d’Enghien le même type d’activités. En 1944 s’était ouvert le Foyer de Leffe sous la responsabilité de Pierre Tombale, Charles Lenoir en prend la direction en 1946. C’est dans les dépendances de l’abbaye de Leffe que les jeunes vont trouver un lieu d’hébergement et d’épanouissement. L’implantation, proche de la ville de Dinant, va permettre de répondre aux différents besoins de scolarité des jeunes du Foyer.

On constate rapidement que l’intégration de ces jeunes dans un milieu scolaire ordinaire s’avère difficile. En effet, la problématique caractérielle de ces jeunes gens ne permettait pas une insertion durable dans le tissu scolaire dinantais. Les responsables décident, avec l’accord de l’Inspection scolaire, de créer un enseignement adapté dans les murs de l’abbaye.

En 1948, une scolarité primaire est organisée à Schaltin sous l’appellation « Ecole adoptable du Home de Schaltin » sous la direction de Fernand Deleau. Elle comportait trois classes dites de récupération.

En 1952, le bail se termine à Leffe et Schaltin devient le Foyer. Charles Lenoir prend la direction du Foyer et de l’école professionnelle de Schaltin. Le domaine de Schaltin devient propriété de l’A.S.B.L. en 1954, grâce à la générosité d’un mécène.

En 1953, le Foyer du Jeune Travailleur déménage à Auderghem et l’A.S.B.L. acquiert la propriété de l’avenue Van Hoorenbeeck. Le Foyer d’Auderghem hébergeait 40 jeunes gens, impliqués dans la vie professionnelle, que les familles, absentes ou incapables, ne pouvaient accueillir.

A Schaltin, la majorité des enfants confiés au Foyer et à l’Ecole était ce qu’on appelait à l’époque avec une connotation péjorative, des « enfants du juge ». Le Foyer accueillait 80 adolescents divisés en trois groupes qui recevaient une formation scolaire à l’école (actuellement l’EPSIS) et une éducation dans le climat familial du Home (actuellement le S.R.J. de Schaltin).

L’A.S.B.L. et ses différents secteurs connurent des développements divers.

En 1955, l’école se transforme en enseignement professionnel de type B5-B6 et organise des formations en cuir, mécanique et menuiserie, tout en maintenant sa scolarité primaire. Avec la loi du 06/07/70 sur l’enseignement spécial, l’école se mua en un établissement d’enseignement secondaire inférieur spécialisé, afin de dispenser à ses élèves une scolarité plus adaptée et mieux encadrée.

En 1977, le « Home » de Schaltin devient un Institut Médico-Pédagogique subsidié par le Ministère de la Santé Publique (ex « Fonds 81 ») et agréé pour des jeunes présentant des troubles du comportement.

En 1983, le Foyer d’Auderghem ferme ses portes.

En 1985, L’A.S.B.L. d’origine se scinde pour des raisons administratives. Le pouvoir organisateur de l’école devient l’A.S.B.L. « EPSIS de Schaltin », tandis que le pouvoir organisateur de l’IMP garde son appellation d’A.S.B.L. « Foyers pour Adolescents ». La direction de l’IMP est assurée à cette époque par Monsieur Pierre Riedl, Monsieur Charles LENOIR assurant la direction de l’EPSIS.

Monsieur Luc Jadot succède à Mr Charles Lenoir à la direction de l’EPSIS.

En 1995 , création de l’Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH) qui agrée l’IMP de Schaltin pour accueillir dans six pavillons distincts 79 garçons de 6 à 18 ans atteints de troubles caractériels présentant un état névrotique ou prépsychotique et nécessitant une éducation appropriée.

En 1992, Monsieur Jacques Servais succède à Mr Riedl à la direction de l’IMP de Schaltin. 1997 : l’IMP de Schaltin devient le Service Résidentiel pour Jeunes de Schaltin (S.R.J. de Schaltin).

En 1999 Monsieur Jean-Marie Paggen succède à Mr Servais.

En 2001 : Projet d’Arrêté du Gouvernement Wallon ! « Chaque service résidentiel pour jeunes agréé au 01.01.02 pour 75 prises en charges ou plus, et se situant dans le ressort d’un bureau régional où, au 01.01.01., le taux de programmation dépasse 1 pour mille, voit sa capacité agrée ramenée au 01.01.04 à 90 % de l’occupation moyenne effective de l’année 2001… Le service qui se transforme avant le 01.01.04 assure le transfert des prises en charge jeunes visées ci-dessus vers des prises en charges adultes en service résidentiel pour adulte, en service d’accueil de jour pour adultes ou en service résidentiel de transition. »

Depuis 1978, au hameau proche de Frisée, Mr Robert Famerée et une poignée de bénévoles soucieux du sort des personnes handicapées de la région, gèrent une A.S.B.L. : « la Bergerie ». Ils rénovent une maison du coin en organisant de multiples activités afin de récolter les fonds nécessaires. Cette A.S.B.L. va fonctionner sans subsides pendant 23 ans grâce au bénévolat. En cette année 2001, cette initiative basée sur la solidarité va connaître des moments difficiles. Suite à une inspection, la Région Wallonne ordonne la fermeture de la maison, celle-ci ne répondant pas aux normes d’agrément du décret. La Bergerie, dont le travail est reconnu par tous, doit cesser ses activités au grand dam de ses fondateurs. C’est à partir de ce moment que les destins de La Bergerie et de l’A.S.B.L. Foyers pour Adolescents vont se rejoindre…

En juin 2002, le Conseil d’Administration du « Foyers pour Adolescents » décide :

* de créer un Service Résidentiel de Transition (S.R.T.) pour 5 jeunes âgés de 16 à 21 ans … « Mon Projet »

* de créer, en collaboration avec « La Bergerie », un Service d’Accueil de Jour pour Adultes (S.A.J.A.) pour 13 personnes … « Solignac »

* d’introduire une demande d’autorisation de prises en charges (APC) pour 16 jeunes auprès de l’AWIPH et de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRAS) du Nord Pas-de-Calais en France.

En 2004, le SRJ de Schaltin constate un manque au niveau enseignement pour les plus jeunes enfants devant suivre un enseignement primaire de Type 3. En collaboration avec le Centre Scolaire Claire d’Assise de Bouge, il est décidé de créer sur le site de Schaltin d’abord une classe décentralisée, puis deux … Mr Michel Gendebien en assurera la gestion.

En 2006, l’A.S.B.L. « Foyers pour Adolescents » devient l’A.S.B.L. « Foyers pour Adolescents et Adultes ».

Mr Benoît Gérard succède à Mr Jadot à la direction de l’EPSIS.

Mr Jean-Marie Paggen devient directeur général pour tous les services.

En 2007, introduction et accord sur une demande d’augmentation d’autorisation de prises en charges (APC) auprès de l’AWIPH et de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRAS) du Nord Pas-de-Calais en France. : 28 au lieu de 16 jeunes.

A ce jour:

* le SRJ de Schaltin est agréé pour 92 jeunes (64 subsidiés par l’AWIPH (dont 1 en cours séjour) et 28 subsidiés par la DRAS)
* le SRT Mon Projet suit 14 jeunes et adultes
* le SAJA Solignac prend en charge totalement ou partiellement 22 adultes
* l’EPSIS Schaltin encadre 76 jeunes
* Claire d’Assise encadre 16 jeunes

Sources:
« Un Château en Condroz »; Luc Jadot jr. Editions Vezham
« De la féodalité à l’associatif » ; Luc Jadot

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